travail

"Jeunes des villes, jeunes des champs : la lutte des classes n'est pas finie"

Titre d'une note de la Fondation Jean-Jaurès et de l'association Chemins d'avenirs s'appuyant sur une enquête Ifop auprès des 17-23 ans sur leurs choix d'orientation et leur rapport à l'avenir. Les auteurs expliquent en préambule que, dans la "France des villes moyennes et des petites villes" lors de la crise des "gilets jaunes", "une catégorie de la population est néanmoins restée silencieuse et n'a pas pris part au mouvement de manière massive : les jeunes des territoires, qui se heurtent pourtant à des obstacles propres à leurs situations géographiques. Ces obstacles, on les retrouve dans leur rapport à l'avenir, dans les ressources dont ils peuvent bénéficier pour s'orienter et dans la façon dont ils se projettent et construisent ce que sera le début du reste de leur vie."

"L'égalité territoriale est un fantasme. Ce n'est qu'un concept, une idée, une chimère"

Des propos tenus par Laurent Davezies, professeur au Conservatoire national des arts et métiers (CNAM), dans le cadre d'une rencontre intitulée "France, Europe : les territoires entre égalité et égoïsme", organisée en 2016 par l'association Les Cafés Géographiques. Le compte-rendu de cette rencontre, à laquelle participait également Philippe Estèbe, directeur de l’Institut des Hautes Études d’Aménagement du Territoire (IHEDATE), apporte des éclairages sur l'égalité des territoires, notamment sur sa généalogie, son efficacité, son coût, son traitement dans d'autres pays...  Invitant à prendre davantage en compte aujourd'hui la notion de trajectoires, les deux universitaires pointent des rapports et une redistribution des richesses à réinventer entre territoires.

"La difficile implantation des lieux de coworking à la campagne"

C'est sous ce titre que paraît l'un des cinq volets de l'enquête de Rue 89 Lyon sur le coworking à Lyon, où l'on compterait 64 espaces de coworking dont 82 % concentrés dans le centre. Dans la campagne lyonnaise, les espaces de co-working auraient du mal à exister, "toute la difficulté [étant] de trouver le modèle économique qui permet à un lieu de coworking en milieu rural de durer. Car, contrairement aux grandes villes, la zone de chalandise est fortement limitée". D'où la nécessité d'un modèle mixte (privé/public) ou 100 % public, comme l'illustrent certains exemples mis en avant. Une piste de développement pour ces espaces surtout occupés par des travailleurs indépendants pourrait être les télétravailleurs.

110 millions € pour développer les tiers-lieux dans les territoires

"Le phénomène des « tiers-lieux » s’impose à l’État" titre Le Monde. Estimés à quelque 600, la mission "Tiers-lieux et coworking", dont l'objectif était d’établir un diagnostic et de faire des propositions d’actions sur les thèmes du coworking, du numérique et des tiers-lieux dans les territoires fragiles, en a dénombré 1 463, dont près de la moitié hors des métropoles.

Avec 200 tiers-lieux (14% du total national) dont 69 hors métropoles (10% du total hors métropoles), Auvergne-Rhône-Alpes arrive en troisième position des régions avec le plus grand nombre de tiers-lieux hors métropoles, après Nouvelle-Aquitaine et Occitanie.

A l’occasion de la remise de son rapport, le Gouvernement a annoncé le lancement en 2019 d'un programme national de développement des tiers-lieux sur trois ans. Une aide qui prendra la forme d’un fonds d’amorçage de 20 millions € par an pour permettre aux porteurs de projets de trouver le bon modèle économique. S’y ajouteront un fonds de dotation et un fonds d’investissement dans les sociétés qui portent les tiers-lieux à hauteur de 50 millions d’euros. Le programme devra se concrétiser par : la création ou le développement de 300 "Fabriques de territoires" dans les petites et moyennes villes et les quartiers prioritaires de la politique de la ville ; la création ou le développement de petits tiers-lieux ruraux ; la création d’une instance nationale pour organiser et valoriser la filière.

Circulaire relative à la mobilisation nationale pour l'emploi et la transition écologique et numérique

Dans une circulaire du 16 mai 2019, le Premier ministre demande aux préfets de région de convier sous dix jours les "acteurs pertinents" (partenaires sociaux, élus locaux, représentants des opérateurs concernés, associations) de leurs territoires pour mettre en musique la mobilisation pour l'emploi et les transitions - notamment écologique et numérique - annoncées par le président, à travers six chantiers. L'objectif est de remédier aux "angles morts" des politiques publiques, c'est-à-dire aux situations où celles-ci n'atteignent pas leurs objectifs faute de suivi politique ou de coordination au plus près des territoires. Pour les aider, une fiche rappelle, pour chaque chantier, les dispositifs nationaux existants, les angles morts et les pistes de travail qui pourraient être exploitées.

Code du travail numérique

Contrat de travail, embauche, durée du travail, rémunération, rupture, maladie, accident du travail, formation... Initié par le ministère du Travail, le code du travail numérique est un service public en ligne et gratuit ouvert depuis le 1er janvier 2020 qui permet d'obtenir des réponses personnalisées sur le droit de travail. Il s'adresse à tous les salariés et employeurs de droit privé relevant du code du travail. Les fonctionnaires et les indépendants ne sont par exemple pas concernés.

Comment accompagner des projets d'activités atypiques ?

Certains territoires ruraux sont confrontés à "une double problématique" : l'accueil de nouveaux actifs, et la faiblesse du nombre d'emplois. Il s'agit alors de soutenir la création d'activités, et bien souvent la combinaison de plusieurs situations professionnelles. En Languedoc-Roussillon, une expérience originale d'accompagnement a relevé le défi.

Comment donner du sens au travail ?

"Aujourd’hui, de nombreux travailleurs peinent à trouver du sens à leur travail : parce que le contexte professionnel est souvent incertain, parce qu’ils peuvent être déstabilisés par de nombreuses évolutions. Les organisations ont en conséquence une carte maîtresse à jouer en permettant à chacun de trouver du sens à son travail." Pour cela, une lettre du Centre ministériel de valorisation des ressources humaines en rappelle les cinq facteurs : utilité sociale du travail, autonomie/créativité, exemplarité de l'organisation, relations professionnelles enrichissantes et solidaires, reconnaissance du travail fait. Et pour chaque facteur, la lettre propose des pistes d'action.

Conciergerie, coworking, béguinage, café associatif, ateliers municipaux... rassemblés dans une ancienne ferme

L’aventure a débuté à Hardifort (59) en 2000 avec l’acquisition d'une ferme par le centre communal d’action sociale. Par la suite, la mairie et le CCAS ont décidé d’en réserver une partie de 3 000 m² pour repenser et revitaliser le bourg avec de nouveaux lieux tels qu’une conciergerie, un café associatif ou un béguinage (quatre logements de plain-pied proposés à la location), un espace de coworking et une salle de convivialité pour l'organisation de manifestations. Un nouveau bâtiment attenant abritera également les ateliers municipaux. Les travaux s'achèveront en 2018.

Construire des espaces de coopération pour l’emploi, la formation et le développement économique

L’Institut national du travail de l’emploi et de la formation professionnelle (Intefp) et le Centre d’études et de recherches sur les qualifications (Céreq) restituent dans une publication de décembre 2017 des travaux menés sur les nouvelles formes de collaboration et de coopération (de l'entreprise "libérée" aux coopératives ou aux groupements d’employeurs) à l'heure où la numérisation accélère les changements économiques et sociaux.

Deux exemples de garages solidaires

Avec le soutien de l'Europe, l'État, le Conseil régional de Bretagne et le Conseil départemental d'Ille-et-Vilaine, l'association Yves-Morvan Solidaire a ouvert en 2018 un garage solidaire à Maen-Roch (4 719 habitants), commune peu desservie par le réseau de transport en commun. Cinq véhicules ont depuis lors été vendus pour un prix moyen de 2 000 € à des bénéficiaires de minima sociaux. Trois véhicules sont également proposés à la location. Et l'association espère prochainement recruter 15 personnes en insertion sur un atelier de réparation automobile. L'expérience du Garage solidaire du Jura est plus ancienne. Créée en 2015 à Lons-le-Saunier, étendue à Pontarlier, l'association propose des réparations à des tarifs moindres que les garages traditionnels, la vente et la location (parc de 40 véhicules) à bas coûts, réservant ses services aux bénéficiaires des minimas sociaux et certaines catégories de retraités, travailleurs handicapés, familles... Le Garage solidaire du Jura enregistre des résultats au-delà des prévisions : en 2017, il a réalisé un chiffre d'affaires de 300 000 €.

France, portrait social (2019)

Constituée d'une quarantaine de fiches (cadrage économique, population, marché du travail, niveaux de vie et redistribution, qualité de vie), cette publication de l'Insee s'adresse à tous ceux qui souhaitent mieux connaître la société française. A noter : un éclairage sur l'évolution de la société française depuis 40 ans à travers cinq entrées : démographie, évolution du temps de travail, mobilité sociale, inégalités de niveau de vie et de redistribution, opinions et préoccupations des Français.

Guide : recruter sans discriminer

Deux principes fondamentaux encadrent les recrutements : l'interdiction des discriminations (origine, âge, état de santé, situation familiale...) et le respect de la vie privée. Or, il est possible de discriminer sans le savoir, inconsciemment, et d'être condamné à ce titre. Pour le Défenseur des droits, la lutte contre les discriminations est aussi un levier d'amélioration des recrutements. Il publie un guide qui "a pour objet d'aider toute personne qui contribue à un processus de recrutement à sécuriser ses démarches, en identifiant ce qui est interdit ou autorisé, au cours des différentes étapes de recherche et de sélection de candidatures."

L’urbanisme transitoire : aménager autrement

L’urbanisme transitoire englobe toutes les initiatives qui visent, sur des terrains ou bâtiments inoccupés, à réactiver la vie locale de façon provisoire, lorsque l’usage du site n’est pas encore décidé, ou le temps qu’un projet se réalise. "L’ouverture des possibles sur ces sites suscite innovation, créativité et, souvent, mixité des usages, ferment d’une ville ouverte, co-construite et répondant aux besoins de ses habitants, actifs, étudiants, etc.", écrit l'Institut d'aménagement et d'urbanisme d'Ile-de-France sur ce sujet. Dans cette note, illustrée principalement d'exemples intéressants repérés en ville, on y trouvera également un décryptage des projets, de leurs acteurs, usages et échelles, ainsi que l'ensemble des règles juridiques encadrant l’occupation temporaire. Cette note pointe encore la naissance de nouveaux métiers, dont celui d’animateur de lieux d'urbanisme transitoire.

Le point sur les nouvelles formes d’emploi en 2018

En 2015 le rapport "New forms of Employement" d’Eurofound - Fondation européenne pour l’amélioration des conditions de vie et de travail, une agence tripartite de l’Union européenne - dégageait neuf formes d'emploi apparues depuis le début des années 2000 ou en très fort développement, en Europe. Le rapport décrivait (en anglais) de manière précise les caractéristiques de ces nouvelles formes d’emploi, avec pour chacune un focus sur chaque pays européen. En 2018, Eurofound met à jour son analyse.

Le travail change de nature et de forme

Un article de L'École normale supérieure Paris-Saclay permet de se faire rapidement une idée de l'évolution du travail et des conséquences sur l'homme (compétences, rapport au travail) et les organisations. Décrivant des tendances actuelles - crowd work, coworking, télétravail, corpoworking, hackerspaces, fab labs, coopératives, travail gratuit (bénévoles, expérience clients) - les auteurs esquissent des pistes quant aux compétences requises et au management à faire également évoluer.

Les Français et leurs territoires : vécus et attentes vis-à-vis des pouvoirs publics

Déménager pour trouver un nouveau travail quand on vit dans une zone sinistrée ou attendre des pouvoirs publics qu’ils redynamisent les territoires délaissés ? A la demande du CGET, une enquête nationale du Centre de recherche pour l'étude et l'observation des conditions de vie (Crédoc) portant sur le lien entre territoire et opportunité d’accomplissement personnel du point de vue des Français donne, selon La Gazette, "des pistes de réponse tout en soulignant l’urgence de la situation". "Si l’approche individuelle de la mobilité des résidents dans des territoires délaissés a eu les faveurs de l’État ces dernières années, continue l'hebdomadaire, les résultats de l’étude poussent plutôt à renforcer l’attractivité des zones les moins favorisées."

Maisons de services au public : des offres diversifiées

Il existe aujourd'hui 1 100 Maisons de services au public (MSAP) en France. Chaque Maison construit sa propre "offre de services", fournissant une gamme de services variée, allant de la délivrance d’informations simples jusqu’à l’accompagnement de l’usager dans des démarches spécifiques, par l’utilisation d’outils numériques et les médiations assurées par ses salariés. Si elles proposent généralement un premier accueil pour les questions médico-sociales ainsi qu'un accès au droit, certaines MSAP ont parfois choisi d’élargir leurs activités, en proposant des outils à destination des entreprises, des télétravailleurs et des saisonniers ou l’accès à des offres culturelles ou touristiques. Une publication du CGET offre en quatre pages une vision d'ensemble de ce dispositif avec des liens vers des ressources et des expériences.

Mobilité géographique et emploi : une analyse spatiale

Environ une personne sur dix en France change de logement chaque année. Si la plupart de ces mobilités ont lieu au sein d’une même commune, on assiste depuis le début des années 2000 à un accroissement des mobilités longues. L’étude de ces dernières, souvent motivées par un changement de situation professionnelle ou par la recherche d’un meilleur cadre de vie, fait apparaître des dynamiques territoriales fortement opposées en France ainsi que des éléments d’attractivité contrastés en matière de marchés locaux du travail ou de localisation de la population. S'appuyant sur les outils de l’économétrie spatiale, le Centre d'études de l'emploi et du travail publie un bref article sur les liens entre mobilité géographique et emploi.

Outils et méthodes pour une gestion de projets collaboratifs en ligne

Quels outils collaboratifs de gestion de projets et quelle méthodologie ? C’est une double question essentielle pour les structures qui élaborent en ligne des projets. L'Unité Régionale de Formation à l’Information Scientifique et Technique (URFIST) de Bretagne et des Pays de la Loire met à disposition des ressources en ligne issues d'un stage intitulé "Utiliser des outils collaboratifs de gestion de projets". Ces ressources associent des aspects méthodologiques à mettre en place pour une gestion de projet en ligne réussie et fait un focus sur une sélection d’outils avec des tutoriels complets sur les solutions. L’URFIST présente également un large panorama de plus de 100 ressources sur les outils collaboratifs en ligne.