mobilité

"Bienvenue à Arvieu, un village pour créer votre vie grandeur nature"

Tels sont les mots inscrits sur la bannière du site Internet de la commune (850 habitants, dans l’Aveyron). Avec en sous-titres : "Habitez à la campagne à prix accessible", "Participez à la vie du village", "Créez, déplacez, trouvez un emploi à proximité". Une vitrine sur Internet qui va dans le sens d’un article consacré par La Vie à ce village et intitulé "Dans l'Aveyron, un village renaît grâce au numérique". On y découvre comment élus et citoyens ont développé le projet "Arvieu 2020", dont le but est la création d’emplois et de services locaux pour attirer de jeunes professionnels et leurs familles afin d'enrayer l'érosion démographique et le vieillissement de la population. Deux chantiers principaux sont menés : la diversification de l'offre d'hébergement (gîtes, hôtels, camping, colocations, auberge digitale) et l'intégration des nouvelles technologies dans le développement local.

"L'égalité territoriale est un fantasme. Ce n'est qu'un concept, une idée, une chimère"

Des propos tenus par Laurent Davezies, professeur au Conservatoire national des arts et métiers (CNAM), dans le cadre d'une rencontre intitulée "France, Europe : les territoires entre égalité et égoïsme", organisée en 2016 par l'association Les Cafés Géographiques. Le compte-rendu de cette rencontre, à laquelle participait également Philippe Estèbe, directeur de l’Institut des Hautes Études d’Aménagement du Territoire (IHEDATE), apporte des éclairages sur l'égalité des territoires, notamment sur sa généalogie, son efficacité, son coût, son traitement dans d'autres pays...  Invitant à prendre davantage en compte aujourd'hui la notion de trajectoires, les deux universitaires pointent des rapports et une redistribution des richesses à réinventer entre territoires.

222 villes moyennes bénéficieront du plan "Cœur de ville"

Le ministre de la Cohésion des territoires a dévoilé le 27 mars 2018 la liste des communes bénéficiaires du plan Action Cœur de ville, doté d’un budget de cinq milliards € sur cinq ans, visant à redynamiser les centres-villes des communes petites et moyennes. On y trouve des villes de taille diverses - plus d’un tiers sont des villes de moins de 20 000 habitants, certaines de 7 à 8 000 habitants. 25 villes ont été sélectionnées en Auvergne-Rhône-Alpes, dont 17 dans la partie rhônalpine.

Actualité de la stratégie macrorégionale alpine (SUERA)

Une stratégie macrorégionale est un outil de coopération territoriale européenne, proposé par la Commission européenne à des États et des régions d’un même ensemble géomorphologique pour leur permettre de répondre ensemble aux enjeux communs de leur macrorégion. En 2013-2015, la SUERA a émergé. La mission des Affaires européennes du Commissariat général à l'égalité des territoires (CGET) propose depuis l'été 2017 une lettre d’information trimestrielle thématique, dont les deux premiers numéros portent sur l'actualité de la SUERA. Ceux-ci rapportent notamment qu'une enveloppe de 2 M € est consacrée en 2017 pour des initiatives en lien avec l'économie circulaire, la lutte contre le dépeuplement dans les zones reculées, les transports durables à l'échelon local.

Arrivées d'emplois et de résidents : un enjeu pour les territoires

Tel est le titre d'une note d'analyse de l'Insee publiée en novembre 2016 qui mesure les emplois créés dans la sphère productive et l'arrivée de résidents (retraités ou personnes travaillant en dehors du territoire) dans les zones d'emploi en France en 2013. L'analyse conclue notamment que :

  • "Les zones d’emploi autour des grandes agglomérations concentrent les arrivées d’emplois, qu’il s’agisse de créations ou de transferts"
  • "Lorsqu’elles sont dotées d’atouts naturels et résidentiels, et d’équipements suffisants, (...) certaines zones d’emploi éloignées des grandes villes sont prisées par les retraités"
  • "Les zones d’emploi proches des grandes agglomérations offrent un cadre de vie et des possibilités de logements recherchés par les actifs mobiles et leurs familles".

Atlas sur la nouvelle région Auvergne Rhône-Alpes : tome 2

Le réseau des quatre agences d’urbanisme de la région Auvergne Rhône-Alpes et la direction régionale de l’Insee ont publié, avec le soutien de la préfecture de région, le deuxième volet d’un atlas qui s’attache à décrire les  caractéristiques et les dynamiques de la nouvelle entité régionale. Le premier tome, paru fin 2015, s’intéressait à l’identité du territoire, sa démographie et son appareil productif. Les 16 fiches de ce deuxième tome couvrent trois grands domaines : l’environnement, les caractéristiques socio-économiques et les conditions de vie des habitants de la région. Composées de cartes, de commentaires et de tableaux, elles sont complétées par des zooms sur les principales aires urbaines de la région (Lyon, Saint-Étienne, Grenoble, Clermont-Ferrand et le Genevois français).

Auvergne-Rhône-Alpes : état des lieux et analyse des actions prenant en compte la mobilité dans la vulnérabilité énergétique

Les travaux menés ces dernières années montrent que la précarité énergétique est liée non seulement aux dépenses énergétiques dans les logements mais aussi aux déplacements. Ce dernier point représente une part non négligeable dans la précarité énergétique et, contrairement aux aspects liés au logement, les solutions sont encore partiellement identifiées et mises en œuvre. PEnD-AURA (Précarité Énergétique en matière de Déplacement en Auvergne-Rhône-Alpes) est un des lauréats de l'appel à projets national pour lutter contre la précarité énergétique. Ce programme consiste à initier et mettre en œuvre, dans les politiques des collectivités territoriales et des bailleurs sociaux, un accompagnement et des actions concrètes pour réduire la précarité des personnes exposées à une vulnérabilité énergétique en matière de déplacements. Un premier document fournit une image des actions potentielles en matière de mobilité pour les publics précaires et leurs conditions de succès.

Chômage : quels territoires profitent le plus de la reprise ?

"Depuis deux ans, l’économie française va mieux et le chômage tend à diminuer. Quels sont les territoires qui en profitent le plus, interroge le Centre d’observation de la société ? Les réussites sont très éparpillées et en tous cas les métropoles ne s’en sortent pas spécialement mieux que les autres parties du territoire."

Commerces et services à la fois mobiles et numériques : les dernières tendances

A travers Le Hub, La Poste décrypte les nouvelles expériences clients. Dans un article, il relate des démarches pour venir à la rencontre des clients... en camion tout en utilisant les dernières inventions des nouvelles technologies. Toyota imagine ainsi des cabines d’essayage autonomes se déplaçant jusqu’au domicile des clients. D'autres véhicules autonomes sont prototypés pour amener des produits au plus près des consommateurs (ex : fruits et légumes et plats cuisinés). Allianz France a annoncé de son côté le lancement de sa première agence mobile en Lozère : un véhicule aménagé de 15 m2, doté d’une informatique autonome, permettant d’apporter les mêmes services que ceux d’une agence traditionnelle. Depuis 2018, un "Poste Truck" stationne chaque matin à Saint-Étienne-de-Chigny (37), où l’ancien bureau de poste a fermé il y a 10 ans, et propose de déposer ou retirer un colis, acheter des timbres, envoyer un recommandé… Et dans l’Aisne, les services publics se rapprochent des habitants en camping-car pour proposer un accompagnement dans leurs démarches administratives (impôts, retraite, Pôle emploi, allocations familiales).

Coopération transfrontalière : expériences, boîte à outils, défis

Pour son 20ème anniversaire, la Mission Opérationnelle Transfrontalière (MOT) a publié une brochure qui dresse un bilan et des perspectives pour son action et, plus largement, pour la coopération transfrontalière en Europe. Elle présente des expériences (santé, emploi, développement économique, mobilité, tourisme, culture, énergie...) qui "sont autant de bonnes pratiques transférables sur d’autres frontières", une "boîte à outils du transfrontalier", ainsi que "des réponses politiques aux niveaux local, régional, national et européen pour faire face aux défis de la coopération".

Covoiturage des courtes distances : qui sera le "Blablacar du quotidien" ?

"Qui sera le "Blablacar du quotidien" ?" C'est le titre d'un article publié le 6 mars 2017 par trois chercheurs dans la revue Métropolitiques, qui interroge pourquoi, alors que la pratique est bien établie pour des trajets de longue distance, le covoiturage peine à s’imposer pour les mobilités du quotidien. Jugeant que les initiatives actuelles pour le covoiturage du quotidien émanent essentiellement d’acteurs privés, les auteurs estiment "qu'il est désormais nécessaire de passer à l'institutionnalisation et à la territorialisation" de ce type de covoiturage qui offre un potentiel encore largement sous-exploité.

Coworking en milieu rural : Mon autre Bureau, prototypage de solutions locales

Les nouvelles formes d’organisation du travail touchent également les campagnes, si bien que des acteurs locaux cherchent des solutions. Le média nantais Terri(s)toires rapporte l'initiative pilote "Mon autre Bureau" menée depuis 2013 par la Maison de l’emploi, du développement, de la formation et de l’insertion (Medefi) en Pays de Redon. Une démarche partie des usages existants et des usagers potentiels (solo-entrepreneurs, télétravailleurs, travailleurs nomades…) qui a abouti à la mise en place de plages horaires de coworking dans six lieux : un Point Accueil Emploi, une Maison de l’Emploi, un Ciné Café, deux médiathèques, un espace multimédia. A noter : des personnes mobilisées au début de l’expérimentation sont parfois à l’origine de projets privés, tel l'espace partagé en voie d'aboutissement dans les sept pièces d'un ancien hôtel d'une petite commune du Morbihan.

Dans la campagne allemande : des banques itinérantes en camion

En Allemagne, à rebours de la numérisation du secteur, la Sparkasse a lancé en 2015 ce concept. Objectif : ne pas délaisser une clientèle âgée qui fait les frais de la fermeture des agences en zone rurale et nouer des contacts clients avec des commerçants locaux. Services proposés : virements, retrait et dépôt d'espèces. En Allemagne, ce sont plus de 10 000 agences bancaires qui ont fermé en quinze ans ; la tendance à la fermeture des points fixes devrait se poursuivre dans toute l'Europe. En France, le Crédit Agricole dispose aussi d'une flotte d'agences roulantes.

Décryptage d'initiatives de mobilité durable dans les régions alpines isolées

Le Cerema Centre-Est a rédigé le rapport final d’une étude menée dans les pays frontaliers des Alpes, sur les modes de mobilité durable dans les régions alpines isolées et peu peuplées. Une cinquantaine d’initiatives en faveur de la mobilité durable ont été identifiées : optimisation de l’offre de transport public, services d’autopartage, location de vélo, information et éducation à la mobilité, services contribuant à réduire ou à éviter la mobilité individuelle… Les retours d’expérience des mesures analysées, l’examen de leurs forces et faiblesses, l’évaluation de leur reproductibilité dans d’autres territoires, ont permis de formuler des recommandations visant à favoriser l’émergence et la pérennisation de solutions de mobilité durable dans les régions peu denses.

Des conseils villageois pour une démarche active d’accueil de nouveaux habitants

Les élus d'Arvieu (870 habitants, Aveyron) et sur place une Scop spécialisée dans la gestion web et multimédia s'inquiétaient du recul démographique. Pour donner envie de vivre et travailler dans cette commune, une consultante a été sollicitée, qui a encouragé les élus à mener une démarche participative avec la population. Ceux-là ont d'abord réalisé une proposition de plan d’actions à mener d’ici 2020 et organisé deux réunions publiques en 2015 au cours desquelles les participants ont pris connaissance de la démarche, amendé et complété le plan d’actions, ainsi que l’organisation pour les mettre en œuvre. Divers aspects de la vie ont été abordés : habitat, commerces, services, culture, numérique, loisirs, alimentation, agriculture ainsi que communication. Dix conseils villageois thématiques, pilotés par un animateur et/ou élu référent, ont été mis en place, avec de premières actions qui ont abouti à l'accueil de huit nouvelles familles (reprise de commerces, télétravail...). De nouveau réunis en 2016, les habitants ont redessiné cette fois le cœur de bourg avec l’aide d’un architecte, en envisageant la création de nouveaux services connectés au très haut débit en lien avec l'arrivée de la fibre optique : fablab, tiers-lieu convivial, espace de coworking, service d’autopartage d’un véhicule électrique… Une liste de partenaire a été dressée et des dossiers de financement ont été préparés. Mairie-conseils fait le récit de cette démarche.

Des pistes pour faciliter la mobilité quotidienne des jeunes éloignés de l'emploi

Dans un article de recherche, les auteurs présentent les résultats d’une évaluation de seize dispositifs innovants ciblés sur ce public particulier. Portés par des associations locales ou nationales, ces dispositifs ont des contenus variés : diagnostic en matière de mobilité, formation à la mobilité dans le cadre d’ateliers, apprentissage de modes de transport alternatifs, mise à disposition de deux-roues, aides financières et accompagnement pour le passage du permis de conduire et pour l’acquisition d’un véhicule. L’évaluation montre qu’une aide à la mobilité peut améliorer les chances d’accès à une formation et à un emploi. Toutefois, l’intensité des actions joue un rôle important. A trop faible dose, les aides à la mobilité peuvent même avoir un effet contre-productif sur l’insertion des jeunes. Pour qu’elles soient efficaces, ces aides gagnent à être intensives.

Des pistes pour la mobilité dans les territoires ruraux

La revue Environnement & Technique publie un dossier sur la mobilité dans les territoires ruraux, accessible à l'achat, dont chaque article est en ligne. Ceux-ci présentent : un tour d'horizon des enjeux, un "bouquet de possibilités" comme alternative au tout voiture, la piste du télétravail comme outil pour aider les collectivités à agir contre les congestions et relancer l'économie locale, les plans de mobilité d'entreprise (PDE) pour encourager le covoiturage domicile-travail, et des outils de la politique d'urbanisme pour aider les collectivités à agir sur la mobilité.

Deux exemples de garages solidaires

Avec le soutien de l'Europe, l'État, le Conseil régional de Bretagne et le Conseil départemental d'Ille-et-Vilaine, l'association Yves-Morvan Solidaire a ouvert en 2018 un garage solidaire à Maen-Roch (4 719 habitants), commune peu desservie par le réseau de transport en commun. Cinq véhicules ont depuis lors été vendus pour un prix moyen de 2 000 € à des bénéficiaires de minima sociaux. Trois véhicules sont également proposés à la location. Et l'association espère prochainement recruter 15 personnes en insertion sur un atelier de réparation automobile. L'expérience du Garage solidaire du Jura est plus ancienne. Créée en 2015 à Lons-le-Saunier, étendue à Pontarlier, l'association propose des réparations à des tarifs moindres que les garages traditionnels, la vente et la location (parc de 40 véhicules) à bas coûts, réservant ses services aux bénéficiaires des minimas sociaux et certaines catégories de retraités, travailleurs handicapés, familles... Le Garage solidaire du Jura enregistre des résultats au-delà des prévisions : en 2017, il a réalisé un chiffre d'affaires de 300 000 €.

Développer l’économie éphémère pour des territoires plus accueillants

Camions épicerie, restaurants saisonniers, marchés forains, kiosques... Le modèle est aujourd'hui revisité par les pop-up stores, food trucks, camions itinérants... Les usages sont diversifiés, l’esthétique est contemporaine, et le numérique constitue un vecteur de visibilité et de promotion. Ces occupations commerciales provisoires permettent de proposer des services, de tester des marchés, et participent à l’animation et l’hospitalité des territoires. "Mais pour que cette économie s’insère positivement dans son environnement, son accueil doit être organisé", affirme l'Institut d'aménagement et d'urbanisme d'Ile-de-France dans une note sur le sujet.

Développer les modes actifs en zone peu dense

Le développement de l’usage des modes actifs, vélo et marche, participe à répondre à différents enjeux en termes de santé publique, d’environnement, de cohésion sociale et d’attractivité territoriale. Les acteurs publics ont des cartes à jouer dans ce développement, via des actions pragmatiques, simples et participatives, qui visent non seulement les comportements individuels mais aussi la qualité des espaces publics. Une contribution du Cerema pour l’élaboration du plan d’action pour les mobilités actives donne quelques éléments clefs de la mobilité et des conditions de déplacements, replace les enjeux de développement de l’usage des modes actifs sur ces territoires en zones peu denses et propose des mesures pragmatiques pour atteindre cet objectif.